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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 19:06

Voilà, ceci est mon dernier billet pour Blood Red Bird.

Pour terminer en beauté, quoi de plus approprié que de parler de celui dont une simple chanson suscita il y a quatre ans le titre de ce blog : Bill Callahan. L’ex-Smog est donc l’auteur de ce morceau qui m’a longtemps bercé/bouleversé, Blood Red Bird (figurant sur l’album "Red Apple Falls", publié en 1997 chez Domino), et demeure près de vingt ans après sa découverte un de mes musiciens fétiches. Et sa venue à l'Epicerie Moderne de Feyzin – la deuxième dans la région après le Pezner de Villeurbanne en 1997 – était un événement particulièrement attendu par les passionnés d’alt-country et de folk épuré.

Après une première partie inconnue et poussive (Circuit des Yeux, une jeune folkeuse encombrée par d’excessifs effets de réverbération et son étrange voix hantée à la Nico), Bill Callahan débarque simplement avec ses trois musiciens vêtus de chemises western et de santiags dont les semelles foulent d'ordinaire le sable du Texas. Le groupe déroule tranquillement la plupart des titres du magnifique dernier album "Dream River". Callahan est réservé, toujours très concentré. Comme la plupart des folksingers, c’est lui qui mène la danse et le reste du groupe soutient de manière délicate et feutrée ses humeurs mélancoliques et son humour pince-sans-rire.

Callahan n’est définitivement pas un grand musicien sur le plan technique – il est approximatif à l'harmonica et se plante un peu sur ses tentatives d'impro – mais il est sauvé par son génial guitariste Matt Kinsey, qui reproduit assez fidèlement les arabesques psychédéliques du dernier album. Deux titres plus anciens sont joués – Dress sexy at my funeral et Too many birds. Avec sa réference à Marvin Gaye (The Sing) et sa reprise de Percy Mayfield (Please send me someone to love), Callahan affiche ses penchants blues et soul. Celui qu’on surnomme le "Leonard Cohen de sa génération" séduit surtout par sa voix grave de baryton et ses mots méticuleusement assemblés. Son talent mélodique, insuffisamment souligné, se révèle ce soir avec le petit bijou qu’est Small plane (probablement l'une des plus belles chansons de son répertoire, déjà évoquée dans ces pages). De plus en plus détendu, parfois sautillant, Callahan remercie le public et présente longuement ses musiciens en laissant tourner la musique ; le groupe termine le concert par un "Drover" un peu hâtif, mais les presque deux heures passées en sa présence sont largement suffisantes. Les longs applaudissements des quelques 700 personnes restent sans réponse, et les lumières se rallument lentement. Comblé d’avoir enfin vu et entendu ce grand monsieur de la musique américaine, je rentre chez moi avec cette question : quel grand artiste me reste-t-il à entendre et à voir ? qui pour venir caresser avec la même finesse mes oreilles inlassablement tournées vers cette musique folk tant aimée ?

Pour y répondre, je me et vous conseille de revigorantes séances-découvertes auprès des amis de Pinkushion et de l'Epicerie Moderne.

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Setlist (ordre certainement imprécis, mémoire défaillante oblige...) :

The sing

Javelin Unlanding

Small Plane

America !

One fine Morning

Spring

Ride my arrow

Dress sexy at my funeral

Seagull

Winter road

Too many birds

Please send me someone to love

Drover

BILL CALLAHAN - Live - L’Epicerie Moderne (Feyzin), 19-02-2014

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commentaires

Xavier 24/02/2014 14:36

Hey, alors ca y est, deux gamins et tu abandonnes ;)
pas grave pour le blog, du moment que tu te remets vite à la musique, et que tu recommences:
- à me faire découvrir plein de bons trucs
- à composer des supers morceaux pour Hello Darkness

j'ai écrit mon article sur ce concert, va voir tu y tiens un role important ;)

Blood Red Bird

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