Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:58

Premier concert de la rentrée et l’occasion pour moi de voir enfin deux artistes dont j’ai beaucoup écouté le disque ces derniers mois : Anna Calvi, et Les Marquises en ouverture. Soirée tranquille au Transbo, donc, au milieu d’un foule restreinte – 700 personnes environ – et plutôt âgée – la trentaine, voire la quarantaine, hé oui.

C’est avec plaisir que je découvre enfin sur scène l’ami Jean-Sébastien et son groupe Les Marquises. Juste avant leur résidence au Transbo, c’est une belle occasion pour eux de présenter les chansons mélancoliques et tortueuses de leur disque autoproduit "Lost, lost, lost". Les quatre musiciens – dont le fondateur des mythiques Married  Monk, Christian Quermalet, à la batterie – sont très concentrés, peut-être un peu impressionnés par le lieu. Mal servis par un son un peu faiblard, ils parviennent pourtant à reproduire fidèlement la tension des 6 titres de leur disque. Ils offrent à nos oreilles sensibles une musique intime et sensuelle, faite de nappes sonores et de bruits concrets, et animée par un chant nuageux et secret. Atmosphérique, proche des travaux de Labradford ou Robert Wyatt, cette musique mériterait un accompagnement par l’image - ce qui devrait se réaliser dans le futur selon les dires du groupe. Les gars doivent prendre la route cet automne pour jouer un peu partout en France, et revenir à Lyon en décembre pour une nouvelle première partie à l’Epicerie moderne de Feyzin. Vivement l’hiver !

LesMarquises

 

 C’est un heure et des poussières plus tard que surgit l’anglaise Anna Calvi suivie de ses deux fidèles musiciens – Mally Harpaz à l’harmonium et aux percussions diverses et Daniel Maiden-Wood à la batterie. Vêtue d’un chemise rouge, d’un pantalon bouffant noir et de talons d'une hauteur indécente, on dirait une égérie lynchienne. Elle démarre les hostilités avec un Rider to the sea efficace, et déroule les dix titres de son premier album éponyme, plus quelques faces b (elle passera sa Moulinette et enverra son Surrender ). Rock élégant, direct, beaucoup plus électrique que sur disque, on est là devant un phénomène du niveau d’une PJ Harvey, Nick Cave ou Jeff Buckley. La présence d’Anna Calvi est impressionnante, fout les frissons : voix ample et lyrique, jeu de guitare direct et classieux avec reverb façon 50's, pose altière mais jamais prétentieuse – sauf pour un solo largement salué mais un brin téléphoné. L’anglaise est solidement épaulée par 2 musiciens sans failles ainsi qu’un deuxième guitariste venu soutenir la belle suite à une légère blessure à l’avant-bras. Celui-ci reste discret mais ajoute une plus grande densité au concert. Les moments les plus forts sont ces silences ou plus personne ne respire, aussi éloquents que ses fougueux tourbillons électriques. Très applaudie, la timide chanteuse ose quelques mots en français, notamment pour annoncer sa reprise d’Edith Piaf "Jezebel". Un deuxième morceau en rappel et retour des lumières sur un public pantelant, heureux... et vieillissant.

Anna-Calvi_NYC-2011.jpg

Bowery Ballroom, NYC - May 25, 2011 - Photo by Cory Schwartz/Getty Images North America

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Blood Red Bird

  • BLOOD RED BIRD

Archives