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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 10:54

shellac-live-drums.jpg

 

Le déluge. C’est ce qui m’accueille en arrivant tôt dans la soirée à l’Epicerie Moderne pour assister à un autre déluge – sonore celui-là – délivré par Shellac, les véterans parmi les plus intègres du rock indépendant US. Shellac est un groupe unique, un trio fondé en 1992 par Steve Albini (ex-Big Black et Rapeman, guitariste et chanteur, et ingénieur du son à Chicago), Bob Weston (bassiste, également ingénieur du son) et Todd Trainer (batteur).

La soirée commence par une "guest", une berlinoise dénommée Allroh. Plutôt occupé à papoter avec collègues et amis, je ne vois que 15 minutes de la prestation de cette jeune femme seule sur scène avec sa guitare électrique, usant d’une grosse plume en guise de médiator (magnifique d’ailleurs, la première fois que je vois ça !). Toute de blanc vêtue, elle termine son show en renversant son caisson sur la tête d’ampli et en jouant de feedbacks par-dessus avec sa gibson. On peut en convenir, cette fille a des couilles, mais son art frise un peu la pose avant-gardiste avec une musique bruitiste et minimale peu enthousiasmante. Il faut dire aussi que tout le monde est là pour Shellac.

Shellac, donc. 700 personnes, plutôt trentenaires, trépignent dans cette très belle salle de Feyzin. 21h30 enfin, les trois quarantenaires, eux, débarquent sur scène le plus simplement du monde. Les trois musiciens se sont placés de manière égale, la batterie positionnée au milieu sur le devant de la scène. Ils attaquent le set plutôt calmement - avec un morceau inédit pour moi, en arpèges et breaks. La sauce met un peu de temps à prendre, mais progressivement la tension et la fureur submergent la salle, et ce pendant 1h30. Le trio, en pleine cohésion et libre d’improviser comme bon lui semble, enchaîne les titres connus en piochant dans chacun de leurs quatre albums. Mention spéciale aux vieux tubes hargneux comme "My black ass" et "Minute", et surtout aux dantesques "The End of Radio" et "Prayer to God". Pendant que Steve Albini s’accorde avec sa guitare portée en ceinture (je ne connaissais pas ce système de bandoulière !), le spirituel Bob Weston converse avec le public en lui proposant de poser des questions au groupe (in english of course). Entre la qualité douteuse de leur t-shirt et l’éventualité d’un nouvel album, les questions et réponses fusent, avec un bassiste aux répliques expéditives et drôles. La relation avec le public s’installe et l’ambiance devient chaleureuse. Mais c’est le son abrasif et brutal de Shellac que la salle réclame, et le groupe reprend de plus belle une maîtrise époustouflante. Un vieux "Wingwalker" drôle et épique permet au groupe de faire les guignols en mimant un avion. 5 nouveaux morceaux sont joués, préfigurant un prochain album prometteur (mais dont aucune date de sortie ne sera précisée). Il y en a un qui retient particulièrement mon attention, très dense, plutôt mélodique avec un riff très zeppelinien, joué en avant-dernier. Je ne connais pas le titre, mais putain vivement que ça sorte !

Le groupe termine le concert en désinstallant la batterie élément par élément, alors que le famélique Todd Trainer continue de frapper. Le public, conquis, exulte. Le groupe n’offre aucun rappel, mais propose au public de venir discuter avec lui après. Pas de rock stars devant nous, mais des musiciens brillants, inventifs, et modestes. Qui viennent de délivrer une musique puissante, directe, carrée et déviante à la fois, avec un son ample, tendu, cru. Même si je m’attendais un peu à ça – de la part d’un groupe aussi séminal et qui personnellement a largement bouleversé mon rapport au son – je reste réellement impressionné. Soufflé par ces adultes au look pas cool, mais qui viennent de donner une leçon de rock’n’roll à tous ces petits jeunes à la révolte tiède.

Mon concert de l’année, à coup sûr.

 

 

Shellac - Myspace - Touch & Go Records

http://www.myspace.com/shellacband

http://www.touchandgorecords.com/bands/band.php?id=22

 

Allroh - Site web

http://www.allroh.com

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 10:09

Marrant cette CIM dont m'ont parlé Blinkinglights et Yosemite, et proposée par GT dont je découvre le blog. Parce que moi aussi j'aime un peu parler de moi et que ça coûte pas cher, voici ma modeste carte d'identié musicale :

 

Musicien que vous admirez le plus :  Nick Drake

 

Groupes / artistes qui ont le plus compté dans votre adolescence (5 max.) :  Noir Désir, Depeche Mode, Nirvana, Led Zeppelin, The Doors

 

Styles musicaux favoris :  folk, pop, punk, garage, hardcore, noise, metal, etc.

  

Un album : Dirty (Sonic Youth)

 

Une chanson : Three Hours (Nick Drake)

 

Une oeuvre classique :  Le Sacre du Printemps (Stravinsky)

 

Groupes / artistes qui vous ont le plus marqué(par ordre d’apparition dans votre vie, et 15 max.) :  Depeche Mode, Noir Désir, Nirvana, Sonic Youth, Nick Drake, Fugazi, Nick Cave, Sebadoh, Shellac, Jesus Lizard, PJ Harvey, Ulan Bator, Bästard, Smog, Palace Music

 

L'artiste qui vous a le plus fasciné en live : PJ Harvey (Nuits de Fourvière 2004)

 

Plaisir coupable (3 max) :  plaisir tout court : Empire State of Mind (Alicia Keys, Jay-Z)

 

Jouez-vous (ou avez-vous joué) d’un instrument, si oui, le(s)quel(s) : violon, guitare, batterie, un peu de basse et de mélodica

 

Ce que vous préférez en musique la justesse, l’émotion, l’honnêteté et la précision

 

Par quel biais découvrez-vous de nouveaux artistes et albums collègues de travail, lecture de magazines, sites et blogs, discussions entre amis, disquaires

 

Lisez-vous toujours la presse musicale (si oui, quels magazines) : oui tout le temps (rock’n’folk, noise, magic, vibrations, eldorado, inrocks, télérama, classica, etc.)

 

Combien de temps passez-vous à écouter de la musique : 1h30 par jour environ

 

 

 

Hors de votre univers musical :

 

 

Groupe / artiste “respecté” que vous n’avez jamais supporté : Ben Harper

 

Styles musicaux que vous détestez le plus (3 max.) : aucun, et je fais mienne l’idée de John Cage : « Quand un bruit vous ennuie, écoutez-le »

 

Genre musical qui ne vous a jamais touché, mais que vous ne méprisez pas pour autant : jazz, reggae, bossa nova, raï, funk

 

Ce qui vous rebute le plus en musique :  rien, c’est surtout le manque de curiosité des humains à son égard

 

Chanteurs que vous détestez viscéralement (5 max) :  aucun

 

Trois tubes que vous haïssez plus que tout(vous avez beau être pacifique, le simple fait de les entendre vous donne des envies de meurtre) : Manhattan-Kaboul (Renaud)

 

Pour finir sur une note positive, vos dernières grandes claques musicales cette année (3 max.) : Big Sexy Noise, La Maison Tellier, Arcade Fire

 

 

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 17:22

Shannon-Wright_Secret-Blood.jpg

 

Chouette nouvelle, la furieuse folkeuse américaine Shannon Wright sera de retour dans les bacs le 8 novembre avec un nouveau recueil nommé "Secret Blood", un an à peine après le très beau "Honeybee girls". Enregistré à Athens (Géorgie) par le complice Andy Baker, ces douze nouveaux titres devraient dévoiler des sonorités plus brutes et "de nouvelles expérimentations". Une tournée est même prévue en octobre et novembre dans nos contrées. Moi je dis : vive l'automne !

Toutes les infos sur le site de son label Vicious Circle.

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 08:43

The-Vaselines-Sex-With-An-X2

 

Groupe mythique de la scène indie pop de Glasgow, The Vaselines est de retour avec un tout nouvel album plus de vingt ans après sa séparation. Le duo formé par Eugene Kelly et Frances McKee n’avait sorti qu’un album, le séminal "Dum Dum" (sorti en 1989 sur 53rd & 3rd) et 2 singles ("Son of a gun" et "Dying for it") ; mais son aura avait enflé au cours des 90’s grâce à l’amour que leur portait Kurt Cobain -  matérialisé par plusieurs magnifiques reprises, tel que "Son of a gun" ou "Molly’s lips".

Aujourd’hui, le génial songwriting des écossais refait surface et c'est un pur bonheur. Assistés de membres de Belle & Sebastian, le duo allonge 13 tubes efficaces et malins pour un "Sex with an x" bourré de clins d’œil cyniques et de flèches acides. Leur garage pop paraît plus "proprette" aujourd'hui mais l’écriture est toujours aussi malicieuse – deux accords et demi par chanson, mélodies simples et lumineuses, textes désinvoltes et piquants. Et quel soulagement de les entendre railler ces années 80 qui nous dégoulinent dessus depuis le début des années 2000 ("I hate the 80’s").


Sex with an x peu s’écouter en streaming sur le site du Guardian (attention c’est provisoire…)

 

The Vaselines - Sex with an x ( Sub Pop, 2010)
 

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 18:52

Après une très longue pause, il est temps de revenir aux affaires avec une toute nouvelle rubrique. The French style est une façon de mettre en lumière mes récentes découvertes musicales réalisées par des compatriotes inspirés. Ces dernières semaines ont justement été heureuses en la matière puisque deux groupes et un artiste m’ont carrément scotché :

 

Julien Pras

« Southern kind of slang »

(Vicious Circle)

Oeuvre pop impeccable, joliment boisée, mélodique et baroque. Le premier album solo du bordelais est soufflant. Fort de ses expériences passées (Calc, Victory Hall, ou encore Pull), Julien Pras dévoile ici sa fibre Elliott Smith et Zombies avec une qualité d’arrangements rarement entendue dans nos contrées. Le chant en anglais est exemplaire. Sublime.

 

Julien-Pras.jpg

 

La Maison Tellier 

« L’art de la fugue » 

(3è bureau/Wagram)

Collectif normand fondé en 2004, La Maison Tellier offre de belles échappées folk et country en français ou en anglais. « L’art de la fugue », leur 3è album, est une collection de chansons rustiques et poignantes, sous haute influence Calexico. On dénote quelques accents noirdésiriens, mais débarrassés des boursouflures post-Léo Ferré. Ballades bluesy, thématiques western, textes au scalpel, cuivres enivrants : autant d’ingrédients dosés en justes proportions pour façonner un des meilleurs albums de l’année. Ouais, rien que ça !

 

La-maison-tellier.jpg


 

Fairguson

« Tales from the 47th willow »

(Coco Records)

2è effort du groupe parisien, « Tales… » est un vrai beau traité d’americana comme on en rêve plus. Entre Grandaddy et Midlake, les français distillent un soft rock limpide et aérien. L’accent anglais US est agréablement travaillé, l’ornementation synth-piano-cordes-banjo joliment ciselée et les chansons fonctionnent. Au final, une envie définitive, celle d’émigrer de l’autre côté de l’atlantique. Oh yeah, baby !

 

Fairguson.jpg

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 16:11

Midlake_The-courage-of-others.jpg

Mélancolie et patience. La première drape chaque morceau du dernier album de Midlake, formation folk-pop de Denton, Texas. La seconde pourrait bien résumer la méthode de travail du groupe, soucieux de prendre son temps pour élaborer les onze nouvelles ballades de "The courage of others". Quatre ans que le disque était fiévreusement attendu, après un "Trials of Van Occupanther" (2006) chouchouté par la blogosphère.

"The courage..." voit le groupe se recentrer sur sa base folk, la quasi-totalité des morceaux s’ouvrant sur des arpèges de guitare acoustique. Rythmiques lentes et amples, arrangements subtilement étudiés où domine la finesse d’une flûte baroque, chant désolé et harmonies au diapason, autant d’éléments invariablement convoqués par les texans tout au long de ce troisième album. Sous haute influence folk anglais 60’s, on y entend des tonalités plus "médiévales" comme chez Fairport Convention ou Pentangle. Le chant monotone et plaintif de Tim Smith rappelle toujours celui de Thom York, en particulier sur "Bring down". Les américains sont définitivement tournés vers une Angleterre rêvée, célébrant la force de la nature et de la terre ("Small mountain", "Core of nature"). Chaque chanson semble d’ailleurs couler naturellement, aucun tremblement de terre ne vient déséquilibrer le bel édifice boisé sinon quelques crescendos lyriques. Méthodiquement pensée, la musique de Midlake flotte, dense et aérienne. La richesse des mélodies et des arrangements invite à une sorte de rêverie, qui sur la longueur se révèle légèrement écrasante d’uniformité. Malgré de grands moments de folk élégiaque, tels ces "Winter dies", "Fortune" ou "The courage of others", on frôle l’abattement à force de linéarité et de mollesse. Et le propos, bien que d’une belle et humble mélancolie, nous plonge dans un sérieux parfois pesant. Midlake est un très grand groupe, mais il lui manque – comme chez Great Lake Swimmers par exemple – ce sens de l’écart, cette petite folie qui le placerait largement au-dessus de la mêlée du rock qu’il surplombe déjà.


Midlake - The courage of others (Bella Union, 2010)

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 15:57

Le dernier numéro d’Eldorado - bimestriel lancé en 2008 par le label américanophile Fargo records – vient de sortir dans les kiosques. Le magazine défend bien sûr les artistes Fargo mais va aussi bien plus loin en explorant l’actualité du rock, du folk, du blues, de la country, de la pop, etc. 

Une livraison hivernale avec un chouette menu : Fairguson, Thousand, Bosque Brown, Air, Fruit Bats, Ane Brun, Midlake, Elvis Presley, Heavy Trash, Kings of Convenience, Wilco, Van Dyke Parks, Clare and the Reasons, Os Mutantes, Nikolai Dunger. Plus 40 pages consacrées aux 100 meilleurs albums des années 2000. Le magazine propose également de voter pour le top 5 de 2009.

Eldorado-6-copie-5.jpg

Eldorado n°6 - Hiver 2009/2010 - 7 euros

 

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 20:15
bill-callahan_rough-travel-for-a-rare-thing.jpg

Le 23 mars prochain, le label Drag City sortira le 1er album live officiel de Bill Callahan.
Intitulé "Rough travel for a rare thing", il offre un tracklisting varié avec titres récents et plus anciens :

Our anniversary
Diamond Dancer
Bowery
Held
Say valley maker
In the pines
Cold blooded old times
Rock bottom riser
Let me see the colts
The well
Bathysphere
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 19:51

bill-callahan-sometimes-i-wish-we-were-an-eagle


Quand bien même on admire un artiste depuis longtemps, il en existe toujours pour se lasser de ses dernières productions et lui trouver ici et là quelques définitives tares (clin d'oeil à Blinkinglights et Nextmusic). S’agissant de Bill Callahan – ex-Smog – il en cumule certainement : musicien et vocaliste moyen (techniquement parlant), piètre arrangeur, littéraire, cérébral et peu ambitieux, publiant poignées de disques arides avec artworks pas toujours heureux (cf. "Knock Knock"). Et je admets, lorsque je l’ai découvert il y a plus de dix ans, je me suis aussi heurté à ces petits murs qui empêchent d’aimer tout de suite un artiste.

Une partie de ces défauts demeurent dans son dernier disque, paru au printemps 2009. "Sometimes I wish we were an eagle" est parfois lent, aride, et cérébral. Mais jamais désincarné et toujours inspiré. La voix reste grave et délicate, bien placée au centre de la musique. Les textes et leur diction sont toujours les atouts du chanteur, une véritable source de surprise et d’émerveillement. Les arrangements sont toujours pertinents, les cordes et le piano tenant ici un rôle inédit chez Callahan.

Sur Jim Cain, le beau morceau d’ouverture, de simples arpèges acoustiques et une rythmique dépouillée accompagnent le récit des derniers déboires amoureux du texan. Le morceau est magnifié par de fins sillons de cordes. On en retrouve abondamment sur Eid Ma Clack Shaw, le deuxième morceau et chef-d’œuvre de l’album. Surpris par les notes orientalisantes de The wind and the dove, on enchaîne avec des titres qui rappellent l’époque plus aride de "The doctor came at dawn" (1996) ou "Red Apple Falls" (1997). Sur Rococo Zephir la rythmique reste dépouillée, mais Callahan utilise chaque détail avec grâce et bonheur (ces cordes et notes de piano juste avant le refrain, justes superbes !). Les trouvailles formelles du chanteur – par exemple, cette phrase petit à petit dévoilée sur Too many birds, autre chef-d’œuvre du disque – ne sont jamais gratuites et participent au sens et à l’émotion dégagée par le morceau. Sur All thoughts are prey to some beast, Callahan continue de filer sa métaphore animalière avec un lyrisme plus appuyé dans sa voix, mais qui sonne juste et poignant. Seul l’avant-dernier morceau, brève pièce de quasi-musique contemporaine, n’apporte pas grand-chose. Sinon une respiration pour aborder le dernier titre, un lancinant et majestueux Faith/Void où le texan exhorte à l’émancipation du divin. Tout l’art et le sel de Bill Callahan se manifeste dans ce morceau : des textes sombres mais truffés d’un bel humour noir, et surtout un façon inimitable de les chanter, offrant au silence une place aussi royale que ses mots.   

Ce dernier album est donc un vrai chef d’œuvre, aux arrangements encore plus poussés et plus subtils que par le passé. Bill Callahan est sans conteste un artiste libre et raffiné, constamment en évolution (vers une sorte de luminosité et de sagesse qui a peut-être à voir avec l’âge…). Il sait magnifiquement utiliser sa voix, et son univers est le moins ennuyeux qui soit. Si peu de songwriters arrivent à maintenir un tel niveau après presque vingt ans de carrière et 14 albums.

 

BILL CALLAHAN - Sometimes I wish we were an eagle (Drag City, 2009)

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 19:02
Zëro Diesel Dead Machine CD

Suite des mythiques aventures lyonnaises Deity Guns, Bästard et Narcophony, Zëro est le nouveau projet d’Eric Aldéa (accompagné de deux ex-Bästard + Ivan Chiossone). Publié récemment par le classieux label nancéen Ici d’ailleurs, "Diesel Dead Machine" est déjà le 2è album, et offre une musique toujours aussi inclassable – entre noise, blues, jazz, kraut et post-rock.

On y retrouve les petits bijoux déjà entendus sur le EP "Bobby Fischer" (Ici d’ailleurs, 2009) et de nouvelles saillies noise troussées avec un savoir-faire et une liberté toujours incroyables. Pas d’artifices ni de machines high tech sans âme chez Zëro, mais des structures libres et de riches arrangements. Bourré de fabuleuses micro trouvailles agencées avec une science du son sans égal et une belle énergie rock’n’roll, ce 2è opus nous gratifie de séquences quasi parfaites : un Bobby Fischer lumineux, un Dreamland Circus Sideshow freakyesque, et je ne sais quel Viandox épique. Plus un tube qui brûle tout sur son passage : Pigeon Jelly (déjà sur le EP précité). 

Que ce nouveau petit chef d’œuvre de rock hors cadre pâtisse d’une pochette relativement hideuse ne nous trompe pas : Zëro produit une musique unique, une des plus libres, belles et pertinentes qui soient en ces temps d’auto-tunisme et d’infâme mp3isation des oreilles.

 

Zëro - Diesel Dead Machine (Ici d'ailleurs, 2010)

 

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Blood Red Bird

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